"Avant ! Avant ! Lion le Melhor"

"Avant ! Avant ! Lion le Melhor" 

Blason de Lyon

Telle est la devise de la ville de Lyon.

Le cri de guerre de la ville de Lyon (en francoprovençal) attesté depuis 1273 est : "Avant, Avant, Lion le melhor" qui signifie : "En avant, en avant, Lyon la meilleure".

Quartier médiéval de Lyon sur la SaôneLe 14 septembre 1269, les "Bourgeois" (marchands, banquiers, artisans) s'estimant floués par le pouvoir ecclésiastique se révoltentt. C'est une "rebeyne" (rebeyne en lyonnais signifiant "émeute"). Galvanisés par leur cri de guerre, les Lyonnais attaquent et gagnent leur indépendance contre l’Eglise, obtenant ainsi le droit de s'administrer eux-mêmes Leur cri de guerre est depuis devenu la devise de la ville de Lyon.

Lyon - "Lugdunum" - est occupé de façon continue depuis le VIe siècle av. J.-C., soit bien avant l'arrivée des Romains.
Lugdunum est le nom gallo-romain d'origine celtique de la ville de Lyon.
Le nom de Lugdunum (Lugu-dunum) est issu du nom de Lugus, venant lui-même de l'irlandais "Lug", ou du gallois "Lleu", dieu suprême de la mythologie celtique, et de l'élément celtique "-duno" (forteresse, colline), dieu auquel un autel aurait été consacré sur l'actuelle colline de Fourvière.
Théâtre antique de Lyon
Le nom de la ville signifie donc "colline, forteresse du dieu Lugus".
Diverses étymologies du nom du dieu Lugos ont été proposées : "Lugus" rapproché du gaulois "lugos" ou "lougos", aurait signifié "corbeau", soit par le nom du lynx, le nom de Loki, ou encore une épithète de théonyme signifiant "le Lumineux, le Brillant". En ce cas, le nom du dieu serait lié à la racine indo-européenne "leuk-" "briller" que l'on retrouve par exemple en grec dans "leukos" "brillant, blanc" ou le latin "lux" "lumière", Lugus étant une divinité solaire et de la lumière.

Une légende rapporte que, à l'instar de Rome fondée par Romulus et Rémus, Lugdunum devrait sa naissance à deux personnages celtes, le druide Mômoros et le roi Atepomaros.
Le traité sur les cours d'eau "De fluvii" attribué à Plutarque relate ainsi la création de Lyon :

Vestiges de l'aqueduc romain du Gier à Chaponost"L'Arar est un cours d'eau de la Gaule celtique, ainsi nommé jusqu'à sa réunion avec le Rhône. Auprès de cette rivière s'élève un mont appelé Lougdouno ; il a changé de nom pour la raison que voici : Mômoros et Atépomaros, chassés du pouvoir par Sésèroneus, vinrent sur cette colline, obéissant à un oracle, pour y fonder une ville. Alors qu'on creusait ses fondations, tout à coup, apparurent des corbeaux, voltigeant de tous les côtés, qui emplirent les arbres alentour. Alors Mômoros, expert en présages, appela cette ville "Lougdounon". En effet, dans leur dialecte, on appelle corbeau "logos" et une éminence "dounon".
Mais l'interprétation selon laquelle Lugdunum serait "la colline ou la forteresse (dunum) dédiée au dieu Lug semblerait la plus adéquate.
Lugdunum a été progressivement réduit en "Lyduum" puis "Lyon". Cette homonymie, fruit du hasard, a influencé le choix du lion comme symbole de la ville. Mais cette ressemblance n'est pas la seule origine du lion à Lyon car il est utilisé comme emblème par la cité dès l'Antiquité. Il est possible qu'il ait été adopté en l'honneur de Marc-Antoine qui l'avait pris pour symbole. Acqueduc du Giers - LyonMarc-Antoine avait séjourné en Gaule avec Jules César (il avait été le trésorier de son armée pendant la guerre des Gaules).
Les Allobroges, peuple gaulois occupant la Savoie et le Dauphiné (le nord de la province romaine de Narbonnaise), se révoltent contre Rome en 61 av. J.-C. sur le site de Solonion - probablement Soyons, en Ardèche -. En 58 av. J.-C., César les trouve mal disposés. Il aurait établi, après la conquête de la Gaule (de 58 av. J.-C. à 52 av. J.-C.), un plan de construction de cités visant à stabiliser et à pacifier les territoires nouvellement conquis. Ainsi auraient été fondées, sur un axe sud-ouest nord-est, les villes de Lugdunum (Lyon), Noviodunum(Nyon en Suisse) et Augusta Raurica (Augst, près de Bâle, en Suisse)

Lucius Munatius Plancus Ier siècle, fondateur de LugdunumLugdunum fut officiellement fondée en 43 av. J.-C. par Lucius Munatius Plancus, ancien officier de César, proconsul en Gaule. En 27 av. J.-C., le général Agrippa, gendre et ministre d'Auguste divise la Gaule. La position clé de Lugdunum, au confluent de l'Arar (Saône) et du Rhodanus (Rhône), en fait un important port fluvial. C'est aussi un nœud routier, relié au Sud de la Gaule (la Narbonnaise), à l'Aquitaine, la Bretagne, la Germanie et bientôt l'Italie. Cette double position met Lugdunum en contact avec l'ensemble de l'Empire.
Lugdunum devient la capitale de la province de Gaule lyonnaise et le siège du pouvoir impérial pour les trois provinces gauloises. Centre politique, religieux et commercial important, la cité se développe considérablement, devenant une ville cosmopolite.
Elle acquiert alors son titre de "Capitale des Gaules".

Un peu d'histoire
Les premiers habitants de Lugdunum sont des vétérans chassés de Vienne par les Allobroges vers 44 av. J.-C.. Bien que les motifs ne soient pas connus, on sait que les Allobroges font partie des dernières tribus gauloises à se soumettre à Rome. Des événements antérieurs à la colonisation révèlent un antagonisme entre les deux cités. Lugdunum et Vienne (Colonia Julia Vienna) sont à l'époque deux cités rivalesAureus d'Auguste, émis à Lugdunum, 10 av. J.-CAureus d auguste e mis a lugdunum 10 av j c
Au cours des Ier siècle av. J.-C. et le Ier siècle, la ville fait l'objet d'attentions multiples de la part des empereurs.Auguste vient trois fois entre 16 av. J.-C. et 8 av. J.-C., Drusus, frère du futur empereur Tibère, réside à Lyon entre 13 av. J.-C. et 9 av. J.-C. où naît son Claude empereur 1er aou t 10 av j c 13 oct 54fils, le futur empereur Claude, en 10 av. J.-C.. La cité reçoit également la visite des empereurs Caligula entre 37 et 41 ( il est resté en Gaule pour préparer l'invasion de la Bretagne). et Claude en 43 et 44 (à l'aller et au retour de la conquête de la Bretagne).
En 65, Lugdunum est victime d’un terrible incendie. Néron, 15 déc. 37 - 9 juin 68Néron soulagea le désastre de Lyon par le don de quatre millions de sesterces qu'il fit à la ville pour la relever de ses ruines ; les Lyonnais avaient eux-mêmes offert cette somme lors de l'incendie de Rome qui avait eu lieu l'année précédente.
Dès 19 av. J.-C., Auguste aménage le réseau urbain qui accueille les quatre voies ouvertes à travers la Gaule. On traça la première vers le pays des Santons (Saintonge) et d'Aquitaine, la deuxième vers le Rhin, la troisième vers l'océan par la Gaule belgique (nord et nord-ouest), la quatrième vers Narbonne et Marseille.
À son apogée, sous les Flaviens (de 69 à 96), puis sous les Antonins (de 96 à 192) Lugdunum prospère et connaît la paix à l'instar du monde romain. Sa population est estimée entre 50 000 et 80 000 habitants, ce qui en fait l'une des plus grandes villes de la Gaule avec Narbo Martius (Narbonne). À la fin du IIe siècle, la population compte environ 30% de Grecs.
Stèle funéraire du verrier carthaginois Julius AlexanderLes corporations s'enrichissent : les bateliers (ou nautes) du Rhône et de la Saône, les négociants en vin, les utriculaires (des fabricants d'outres, ou des nautes utilisant des radeaux dont les flotteurs sont des outres), les artistes stucateurs, les potiers.
Durant la période romaine l'inhumation remplace petit à petit la crémation, pratique en usage depuis un bon siècle quand les Romains envahissent la Gaule. La présence de Grecs étant importante à Lugdunum a probablement influé sur ce changement d'usage, les Grecs ayant été en contact avec les Perses (dont la religion zoroastrienne rejette la crémation, car le corps mort souille le feu, principe de toute vie).
Les habitants sont citoyens romains. La christianisation a lieu dès le IIe siècle.

En 437, des tribus germaniques burgondes sont installées en Savoie et Romandie après la Monnaie de Gratien, IVe siècledestruction de leur royaume de Worms par les Huns et font de Lyon une capitale de leur royaume en 461, avec Vienne et Genève. Le 4 septembre 476 marque la fin de l'Empire romain d'Occident avec l'abdication de l'empereur Romulus Augustule. C'est la fin de la Lugdunum romaine. En 532, ce royaume passe sous la domination franque. Lyon fait alors partie du royaume de Bourgogne né de la chute de l'Empire romain d'Occident et qui fait partie des trois grands royaumes francs avec l'Austrasie (territoires de l'est) et la Neustrie (Nord-Ouest de la France actuelle) où règnent les rois mérovingiens.
La chute de l'Empire romain la relègue à un rôle secondaire dans l'espace européen en raison de son éloignement des centres de pouvoir. Puis la division de l'Empire carolingien la place en position de ville frontière.

La manecanterie, XIe siècle - LyonAu Xe siècle, la ville de Lyon passe aux mains du Royaume d'Arles, puis à partir de 1058 à celles du Saint-Empire romain germanique.
Du XIe au XIIe siècle, Lyon, est une cité largement indépendante et dominée par les forces ecclésiastiques locales. Se développant lentement, elle est marquée par un immobilisme intellectuel et institutionnel.
Jusqu'au XIVe siècle, le pouvoir politique est tout entier entre les mains de l'archevêque, qui protège jalousement l'autonomie de sa ville.
Lyon lie son sort à la France par sa soumission au roi Philippe le Bel, en 1312 par le traité de Vienne. Elle reste toutefois encore longtemps en marge des grands conflits de ce temps, ne subissant pas la guerre de Cent Ans.
Il faut attendre 1320 pour voir une institution bourgeoise contrebalancer l'autorité ecclesiastique, au moment même où elle doit se soumettre définitivement au royaume de France.La Cathédrale Saint Jean - Lyon
C'est en 1376 que le roi Charles V accorda au blason de Lyon le "Chef de France" symbolisant l’appartenance de la ville au Royaume :

"De gueules au lion grimpant d'argent, au chef d'azur chargé de trois fleurs de lys d'or".
Courage et sincérité.
Le chef de France qui est une bande d'azur fleurdelysée est un privilège accordé par le roi de France aux "bonnes villes de France" qui lui ont été fidèles au Moyen Âge. Ces villes avaient le privilège de se faire représenter au sacre du roi.

Place Basoche, Maison des Avocats, LyonLyon, tout comme Marseille, s’étant révoltée contre la Convention en 1793, fut rebaptisée "ville sans nom" durant quatre semaines (de janvier à février 1794) .
Sous la restauration, en 1815, le roi Lous XVIII augmenta les armoiries de la ville d'une épée dans la patte du lion pour rappeler le siège subi par Lyon pour la cause royale en 1793 et en reconnaissance de la combativité de la cité dans la lutte armée contre la Révolution.
Autres devises de la ville de Lyon
"Suis le Lion qui ne mord point, sinon quand l'ennemi me poingt"
"Ung Dieu, ung Roy, une Loy, une Foy"
"Virtute duce, comite fortuna" (La vertu pour guide, la chance pour compagne)
Cette devise lui est parfois attribuée parce qu'elle est inspirée d'une lettre de Cicéron à Lucius Munatius Plancus, le fondateur de la ville.

 

Caracalla 4 avril 188 8 avril 217N.B. D'autres villes ont porté le nom de Lugdunum, entrePonce Pilate, 10 av. J.-C., mort vers 39 ap. J.-C. autres Laon dans l'Aisne, Saint-Bertrand-de-Comminges (Lugdunum Convenarum) dans la Haute-Garonne, ainsi que les villes de Loudun dans la Vienne et de Leyde (Lugduni Batavorum) aux Pays-Bas.
Deux empereurs romains sont nés à Lyon : Claude, né en 10 av. J.-C.
et Caracalla, né en 186, mais aussi Germanicus et Ponce Pilate qui serait né à Lugdunum dans le quartier de Fourvière vers 10 av. J.-C., mort vers 39 ap. J.-C.
Rue dans le vieux lyon

 

Des Racines et des Lettres Blasons et devises

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